Je m’intéresse finalement à la politique, à l’échelle de ma vie, depuis assez peu de temps. Pendant de nombreuses années, j’ai été abstentionniste. Je regardais la politique d’un œil distant, sans y trouver d’écho réel à mes idées ou à ma manière de penser. Pire, je me suis entendu dire : "Je ne participerais pas à cette mascarade".
Il y a quelque temps, je me suis posé une autre question : et si ce n’était pas une question de personnes, mais de système ? Et si, finalement, peu importe que l’on soit de gauche, de droite ou d’ailleurs, la structure produisait souvent les mêmes impasses ?
Je pense qu’un contre-pouvoir citoyen est nécessaire, d’autant plus que cette idée semble être partagée par une majorité depuis de nombreuses années (voir par exemple le baromètre de la confiance politique du CEVIPOF page 34) : notre démocratie ne fonctionne pas encore parfaitement.
Et comment pourrait-on faire mieux ?
J’ai commencé par regarder plus en détail l’existant : la séparation des pouvoirs, l’État de droit, la démocratie directe ou représentative. Et tout cela est bien, vraiment !
Du coup, intervenir directement sur le pouvoir exécutif – le gouvernement ou le président de la République – ne m’a pas paru prudent. Ce rôle exige de la réactivité, là où les sentiments prennent souvent le plus de place. Introduire une forme de démocratie plus directe à ce niveau serait, au mieux, dangereux, au pire impraticable.
Ensuite, je me suis intéressé au pouvoir législatif – l’Assemblée nationale ou le Sénat – et la perspective m’a semblé plus prometteuse. Écrire la loi demande du temps, de la réflexion, l’étude de différentes options. C’est un travail structurant, qui façonne durablement l’organisation collective. Mais si l’on regarde dans le détail, tout ne fonctionne pas si mal, au contraire. Résultat : si l’on ajoutait un élément plutôt que d’en remplacer un ?
J’ai alors cherché comment le faire concrètement : résistance aux influences, éviter la professionnalisation politique, éviter la surexposition non consentie, mais surtout un élément contraignant avec des décisions réelles et difficilement contournables.
C’est ainsi qu’est née l’idée d’un "tirage au sort perpétuel" : toutes les huit semaines, un sixième des représentants serait renouvelé. Tout le monde reste un an, mais pas tous en même temps. L’objectif est d’obtenir un échantillon représentatif de la population sans rupture brutale des idées représentées. En ajoutant une notion de majorité qualifiée aux trois cinquièmes, alors, avec un échantillon de 1 000 représentants, on obtient une image fiable de ce que souhaite ou non la population.
L’idée n’est pas nécessairement d’être sur tous les sujets ni de contraindre constamment les décisions — cela serait contre-productif. L’objectif principal est de donner la possibilité à la population d’intervenir concrètement, de façon ciblée et sur des sujets que la Chambre elle-même décide d’examiner.
En cas d’opposition majeure et prolongée avec les institutions existantes, la décision ultime resterait soumise au référendum. Ainsi, dans cette situation extrême, tous auront la possibilité de s’exprimer.
À partir de cette base, j’ai structuré et approfondi le fonctionnement possible de cette "Chambre des Citoyens". Le projet ne me paraît ni irréaliste, ni incohérent, et encore moins hors budget. Finalement, j’ai mis en ligne ce site.
Je suis naturellement preneur de retours constructifs et critiques sur cette proposition.